Le règlement de copropriété : rôle, contenu et enjeux pour les copropriétaires
Le règlement de copropriété est le document central de toute copropriété.
Il fixe les règles du jeu entre copropriétaires, définit les droits de chacun et encadre l’usage de l’immeuble. Pourtant, il est souvent mal connu, peu lu, voire découvert uniquement lorsqu’un conflit éclate.
En tant que syndic professionnel, Codex Immobilier constate que la majorité des litiges en copropriété trouvent leur origine dans une mauvaise compréhension – ou une mauvaise application – du règlement de copropriété.
Qu’est-ce qu’un règlement de copropriété ?
Le règlement de copropriété est un acte juridique obligatoire qui organise la vie de la copropriété.
Il s’impose à tous les copropriétaires, mais aussi aux locataires et occupants.
Il a trois fonctions essentielles :
définir les parties privatives et les parties communes ;
fixer les règles d’usage de l’immeuble ;
déterminer la répartition des charges entre les copropriétaires.
Ces notions sont directement liées à celles des parties communes, sujet que nous détaillons également dans notre article consacré aux parties communes en copropriété.
Que contient un règlement de copropriété ?
Le règlement de copropriété comporte généralement deux parties indissociables :
1. La partie descriptive
Elle précise :
la description de l’immeuble ;
la liste des lots ;
la distinction entre parties privatives et parties communes ;
l’existence éventuelle de parties communes spéciales ou à jouissance privative.
2. La partie normative
Elle fixe les règles de fonctionnement, notamment :
la destination de l’immeuble (habitation, mixte, professionnelle…) ;
les conditions d’utilisation des parties communes ;
les droits et obligations des copropriétaires ;
les règles relatives aux charges de copropriété.
C’est cette partie qui est le plus souvent invoquée en cas de désaccord.
Pourquoi le règlement de copropriété est-il si important ?
Parce qu’il constitue la référence juridique principale en copropriété.
Avant toute décision, toute contestation ou toute action, on s’y reporte systématiquement.
Il permet notamment de :
savoir si un usage est autorisé ou interdit ;
déterminer qui supporte une charge ou un entretien ;
trancher un conflit entre copropriétaires ;
sécuriser les décisions prises en assemblée générale.
Dans la pratique du syndic, c’est un outil quotidien, au même titre que l’assemblée générale ou le budget prévisionnel.
Le règlement de copropriété peut-il évoluer ?
Oui. Et c’est même fréquent.
Un règlement de copropriété peut être modifié notamment pour :
se mettre en conformité avec la législation (lois ELAN, 3DS…) ;
adapter l’usage des parties communes ou privatives ;
corriger une répartition de charges devenue inadaptée ;
intégrer des parties communes spéciales ou des droits de jouissance privative.
La majorité requise dépend de la nature de la modification.
Certaines évolutions nécessitent une majorité simple, d’autres une majorité renforcée, voire l’unanimité.
Ces mécanismes sont souvent abordés en parallèle des sujets liés à la vente de parties communes ou aux travaux en copropriété, que nous développons dans d’autres articles du blog Codex Immobilier.
Le règlement de copropriété s’impose-t-il aux locataires ?
Oui.
Même s’ils ne sont pas copropriétaires, les locataires sont tenus de respecter le règlement de copropriété.
Le copropriétaire bailleur est responsable du respect du règlement par son locataire.
C’est un point clé, notamment en cas :
d’occupation abusive des parties communes ;
de nuisances ;
de non-respect de la destination de l’immeuble.
Ce sujet croise directement les problématiques de gestion locative, fréquemment rencontrées dans les copropriétés mixtes.
Que faire en cas de non-respect du règlement de copropriété ?
La démarche est progressive :
rappel des règles par le syndic ;
mise en demeure si nécessaire ;
action judiciaire en dernier recours.
Le syndic agit pour le compte du syndicat des copropriétaires, dans le cadre strict fixé par la loi et le règlement.
Un copropriétaire peut également agir à titre individuel s’il subit un préjudice personnel.
Pourquoi un règlement ancien peut poser problème ?
De nombreux règlements de copropriété sont anciens, parfois mal rédigés ou devenus inadaptés :
imprécisions sur les parties communes ;
absence de charges spéciales ;
destination floue de l’immeuble ;
absence de mise à jour légale.
Dans ces situations, le rôle du syndic est déterminant pour sécuriser juridiquement la copropriété et prévenir les conflits futurs.
L’essentiel à retenir
Le règlement de copropriété est le socle juridique de la copropriété.
Il définit les droits, les usages et les charges.
Il s’impose à tous : copropriétaires, locataires, occupants.
Il peut et doit évoluer lorsque la situation de l’immeuble l’exige.
Une gestion sérieuse passe par une application rigoureuse de ce document.
-
Le règlement de copropriété fixe les règles de fonctionnement de l’immeuble.
Il définit les parties privatives et communes, encadre leur usage, précise la destination de l’immeuble et organise la répartition des charges. C’est le document de référence en cas de désaccord entre copropriétaires. -
Oui. Toute copropriété doit disposer d’un règlement de copropriété.
Il s’impose à tous les copropriétaires, mais aussi aux locataires et occupants, même s’ils ne l’ont pas signé personnellement. -
Le règlement de copropriété est généralement annexé à l’acte de vente lors de l’achat d’un lot.
Il est également conservé par le syndic, qui doit le mettre à disposition des copropriétaires, notamment via l’espace en ligne lorsqu’il existe. -
Non. Le règlement a une valeur juridique contraignante.
Tout manquement (usage non autorisé, nuisances, occupation abusive des parties communes…) peut donner lieu à un rappel à l’ordre, puis à des poursuites si nécessaire. -
Oui. Les locataires doivent respecter le règlement de copropriété.
Le copropriétaire bailleur reste responsable du comportement de son locataire vis-à-vis du syndicat des copropriétaires. -
Oui, mais pas librement.
Toute modification doit être votée en assemblée générale, avec une majorité qui dépend de la nature du changement (usage, charges, destination de l’immeuble, conformité légale…). Certaines modifications peuvent nécessiter l’unanimité. -
Un règlement ancien peut poser de réels problèmes : zones floues, charges inadaptées, règles obsolètes.
Dans ce cas, le syndic peut proposer une mise à jour ou une mise en conformité, qui devra être votée par l’assemblée générale. -
Oui.
Il peut limiter ou interdire certains usages (activité professionnelle, location de courte durée, transformation des lots…), dès lors que ces règles sont conformes à la loi et clairement prévues dans le document. -
Oui.
Avant toute discussion ou action judiciaire, le règlement de copropriété est le premier document analysé. Il constitue la base juridique des décisions du syndic et du syndicat des copropriétaires.